Le Holiday Inn, un non aedificandi

Holiday Inn

Nous donnons des formes à nos constructions, et, à leurs tours, elles nous forment.
Winston Churchill
Adjacent au Phoenicia, cet hôtel fantôme est un témoignage douloureux de la guerre civile au Liban. Il est immanquable dans le paysage de Beyrouth. Sinistre, triste, partiellement détruit par les obus, il n’a jamais été renoué et constitue à la fois un « souvenir » et un véritable fardeau pour le Beyrouth d’aujourd’hui.

Le verre et les rideaux  absents, les plantes résistantes ont poussé dans certains des étages supérieurs, une barrière a été placée autour de la propriété, gardée par des soldats libanais, et une douzaine de véhicules blindés.
Les plans pour la coquille du Holiday Inn restent entachés d’incertitudes. St Charles City Centre, une société koweïtienne-libanaise qui est propriétaire du complexe, n’a pas répondu aux demandes d’information au sujet de ses plans pour l’hôtel.

La conservation de cette tour anachronique offre un contraste percutant avec les nouvelles tours environnantes et leur lance un défi pour l’avenir : combien de temps saurez-vous rester sur pied ?
Le Holiday Inn, bâtiment capable d’écrire son histoire
Le Holiday Inn, un non aedificandi

Quel genre d’impact aurait un symbole pareil dans une ville ? Pourrions-nous le réapproprier dans un processus de commémoration et d’une meilleure offre d’espaces (publics) ? Comment reclasser un no man’s land, un non aedificandi ?

Occupation, Réoccupation et Préoccupation du Holiday Inn

Le Holiday Inn a toujours joué le rôle d’un noyau-rotule beyrouthin, entre l’âge d’or de Beyrouth, le tourisme de masses, l’impérialisme américain et les milices ethniques, un véritable enjeu d’aujourd’hui et demain.

Construit au début des années 70 par des fonds koweïtiens et libanais, conçu par les architectes Maurice Hindié et André Wogenscky, il comptait l’hôtel Holiday Inn, des bureaux, un cinéma et un centre commercial. L’hôtel a ouvert un mois en 1973 juste avant que les échanges de tirs n’éclatent, devenant à son tour un repère de tireurs d’élite.

Le bâtiment eu une importante présence dans le tissu urbain depuis les années 70. Sans aucunes intentions, il apparut sur plusieurs séries de cartes postales, produite par le ministère du tourisme entre 68 et 75 ; devenant symbole de l’effervescence beyrouthine, avant d’être icône de guerre civile et représentation de Beyrouth dégradé.
En 1976, l’hôtel Holiday Inn avait été envahi par les milices rivales pendant le front des hôtels. Les milices chrétiennes et leurs alliés se sont battus pour pousser vers l’ouest de Beyrouth, en luttant contre la coalition de gauche pro-palestinienne dans le quartier de l’hôtel du centre-ville.

“L’hôtel Holiday Inn ne peut pas simplement être effacé. Voyant qu’il empêche les gens de se débarrasser de ce qu’ils veulent oublier», a déclaré Sara Fregonese, une post-doctorante à l’Université de Londres qui a étudié le bâtiment dans le cadre de sa recherche sur l’impact des conflits sur la vie urbaine au Liban.
“Il ya de multiples rumeurs et même une aura de mystère autour de l’hôtel. Nous avons plus d’informations sur son passé, que nous avons sur le bâtiment maintenant.” dit-elle.

Bien qu’il y ait eu des efforts concertés de la part des architectes et des militants pour sauver le bâtiment Barakat et d’autres bâtiments marqués par la guerre, il ya encore des propriétés du temps de la guerre civile dont le Holiday Inn dans le centre de Beyrouth qui font face à un avenir incertain.

Cette tour archaïque s’attache à une mémoire, un archive, une histoire, une intervention devrait simuler un concept qui racontera l’histoire, reclassera les archives et reconstruira la mémoire.

L’architecture profitera du tissu urbain contextuel pour rendre du Holiday Inn une galerie libanaise, un écran reflétant l’âme libanaise dans un tissu à l’américaine.

Le Socle constituera une entité publique absorbant et invitant les individus à une place marquant le LIEU

Le complexe de l’hôtel hébergera et regroupera des scénarios de configurations multiples. On participera à une scène du MODE DE VIE beyrouthin.

Enfin l’espace intermédiaire appartiendra au public, scandé par un atrium de grande ampleur, exacerbant le CARACTÈRE public.

 

A travers les balles

 

all documents are copyrights © Elias El Soueidi

 

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s